Nouvelle fusion éditoriale : vers un appauvrissement de la culture ?


"Fusion" Dragon Ball  par Akira Toriyama
 
Au mois de décembre, Média-participations rachète La Martinière et la bataille est relancée au sommet de l'édition française. En début d'année, ils étaient cinq, ils ne sont plus que quatre aujourd'hui et dominent le monde du livre. Le risque, c'est que la liberté d'expression et de création soit mise à mal au profit du rendement.


Gif extrait de Dragon Ball d'Akira Toriyama
"Fusion" Dragon Ball  par Akira Toriyama
Le 18 décembre 2017, Média-participations reçoit l'aval de l'Autorité de la Concurrence pour racheter le Groupe La Martinière (Seuil, Point...). Se hissant ainsi au troisième rang de l'édition française derrière le Groupe Hachette et le Groupe Editis.

La question que pose une telle concentration financière, c'est la liberté de création et d'expression face à l'impératif de rendement. Les éditeurs englobés dans de tels groupes seront-ils autonomes dans le développement de leurs catalogues et le choix de leurs auteurs ? Devront-ils toujours justifier leurs choix devant les commerciaux ? Y a-t-il encore de la place pour la bibliodiversité dans un tel monde ?

Qui sont ces trois géants qui font la pluie et le beau temps dans l'édition française ?
  • Le Groupe Hachette avec plus de 150 marques d'édition. Il réalise à lui seul 2,26 milliards d'euros (source Livres Hebdo du 26/12/2017).
  • Editis, qui appartient au groupe espagnol Groupo Planeta. Ce groupe possède plus de 40 marques d'édition et réalise 817 millions d'euros de chiffre d'affaires.
  • Media-participations / La Martinière qui vient de fusionner en décembre 2017 réalise 558 millions de chiffre d'affaires et prend la place du groupe Madrigal (Gallimard, Flammarion et Casterman) avec ses 437 millions d'euros.
Les ouvrages publiés par ces géants dominent les rayons des librairies, la presse, la télévision, la radio, le web... Et du fait de leurs succès commerciaux, ils imposent leurs modèles. Mais, ces livres ne sont pas pour autant d'une qualité ou d'un intérêt culturel majeur, bien au contraire. Il n'est qu'à voir qui culmine en haut des meilleures ventes selon le site Edistat en cette fin d'année 2017 avec 85 261 albums vendus en semaine 50.


Source Edistat
La bibliodiversité serait-elle en danger ?
“ Aujourd'hui, une grande maison d’édition ne pourrait plus publier Kafka ” André Schiffrin
Extrait "Les Temps modernes" Charlie Chaplin 1936
Les Temps modernes de Charlie Chaplin, sortie en 1936

La bibliodiversité désigne la diversité culturelle appliquée au monde du livre. André Schiffrin, essayiste et ancien éditeur, nous alerte sur les risques d'un monde éditorial obnubilé par les résultats des ventes et la course aux best-sellers :
 On peut dire ce qu'il ne va pas se vendre. Et là, c'est le commercial qui décide de plus en plus...”  André Schiffrin

Ainsi, on peut se demander, au vu des ventes du dernier Astérix, si de nouveaux auteurs ont leur place dans ce monde régi par le rendement. La création est à mon sens sévèrement menacée, et même bien trop risquée. À nous, consommateurs de biens culturels de faire vivre la bibliodiversité en restant curieux et exigeant quant aux contenus qui nous sont proposés. 
“ Quand on pense qu'il suffirait que les gens n'achètent plus pour que ça ne se vende plus !  Coluche

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